Scénariste : Alain Ayroles
Dessinateur : Bruno Maïorana
Editeur : Delcourt
S’il y a deux séries qu’il faut absolument découvrir, c’est De cape et de crocs et Garulfo. La première c’est déjà fait, mais une petite relecture s’imposait pour celle-ci avant de vous pondre un article. Pas de mystères, le même scénariste est aux commandes. Alain Ayroles a choisi, cette fois, de revisiter les contes de notre enfance. Du petit poucet au chat botté en passant par Cendrillon, tout y passe. Et c’est un pur bonheur de retrouver ces grands classiques avec le second degré de l’auteur et sans la niaiserie qui accompagne généralement ce genre d’histoire… Les ogres sont de gentils monstres timides, les princesses se prennent des coups de pieds au cul et les princes charmants bellâtres sont des abrutis finis… Jouissif.

Garulfo, grenouille de son état, vénère les humains, ces fastueux bipèdes qui font preuve de tant d’inventivité, de courage et de prestance. Convaincu de la bonté de l’homme et du bonheur d’être l’un deux, il va, par l’intermédiaire d’une sorcière, s’arranger pour être transformé en prince charmant (un peu niais, mais charmant quand même). Suite à quoi, en découvrant la vraie nature de l’homme (égoïste, cruel et tout ce qui s’en suit), il va foutre un beau bordel au royaume de Brandelune. Il faut dire que son côté utopiste et grande gueule passe moyennement bien. On suivra ses aventures burlesques sur 2 tomes au cours desquelles il perdra ses illusions.
Comme en magie rien ne se transforme et rien ne se crée (et comme en bd, quand ça marche, on en remet une couche) : pendant que Garulfo est transformé en prince, le prince Romuald est transformé en grenouille. Cette petite pirouette scénaristique permet aux auteurs de refaire un cycle de quatre tomes… Et permet au lecteur de vraiment profiter du petit animal vert bondissant. Dans cette deuxième partie, aussi hilarante que la précédente, Romuald et Garulfo vont s’allier pour permettre au prince (transformé en grenouille… Vous suivez ou pas ?) d’apprendre l’humilité… Et accessoirement de conquérir le cœur de la pétillante et exaspérante princesse Héphylie.

Voilà : scénar de conte assez basique en fait, mais qui amène grand nombre de situations à se tordre de rire. L’auteur n’a pas son pareil pour ce qui est des dialogues, et, comme dans son autre série, le langage soutenu et les poèmes côtoient le vulgaire et les insultes dans un parfait sens du rythme comique. Les personnalités antagonistes des deux héros ; innocent et bon pour l’un et arrogant pour l’autre, amènent des échanges de mots vraiment fandards.
Le dessin est vraiment particulier et le trait ne plaira pas à tout le monde. Le comique de situation est tout de même bien retranscrit graphiquement et la princesse est gracieuse et pleine de volupté discrète… Peut-être pas un régal pour les yeux mais une bonne illustration du comique et de la magie qui règnent dans ces pages.